Éditorial de
Victor-André MASSÉNA, prince d'Essling, Président de la Fondation Napoléon (Lettre d'information de « napoleon.org » n° 782, 11-17 décembre 2015)
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a cérémonie de remise de nos prix et bourses a eu lieu, le 9
décembre, dans le cadre magnifique de l'Hôtel de Beauharnais, résidence de l'ambassadeur
d'Allemagne, aujourd'hui Son Excellence Monsieur Nikolaus Meyer-Landrut. Il
vous en est rendu compte dans cette lettre.
Cette cérémonie marque traditionnellement la fin de l'année
d'activité de la Fondation Napoléon et, non moins traditionnellement, j'informe
le public présent de nos projets pour l'année suivante. Je l'ai donc fait mais,
je l'avoue, si le cœur y était, j'ai eu aussi la tête ailleurs.n
2015 a en effet commencé et
se termine dans une ambiance lourde et dramatique, avec les attentats islamistes de janvier et de
novembre. En ce soir du 9 décembre, malgré notre plaisir d'accueillir et
d'honorer nos lauréats, qui l'avaient bien mérité, les pensées de tous allaient
aussi à toutes les victimes de ces actes odieux.
Depuis des mois, chacun
d'entre nous se demande ce qu'il peut faire pour lutter contre les fauteurs de
mort, ici et ailleurs. Chacun se demande ce qu'il peut faire pour son Pays,
pour sa Patrie, dans le cadre de cette lutte, que nous savons aujourd'hui
« à mort », contre les assassins, leurs commanditaires et les idées
qui les animent. À leur place, sans
surestimer leur pouvoir d'agir, mais fermement, les femmes et les hommes de la
Fondation Napoléon y pensent aussi.
Outre notre mission de
citoyens, outre nos engagements individuels, nous tenons à être collectivement
des acteurs vigilants de la contre-offensive que la France doit à ses morts
comme à ses vivants. Pour cela, nous devons, avec une ferveur renouvelée,
remplir la mission qui est statutairement la nôtre : faire connaître notre Histoire et expliquer en quoi elle constitue une
grande part de nos racines.
Rien ne se fera, nous le
croyons, sans revoir, réorganiser et recentrer ce qui est la priorité des
priorités, non pour un long terme toujours promis et jamais atteint, mais pour
aujourd'hui même : l'École, l'École
pour tous les âges, l'École pour tous les citoyens, avec l'apprentissage
méthodique et ordonné de ce qui fonde notre Nation. Car dans ce qui la fonde, l'Histoire est à la première place.
Entre janvier et novembre,
nous avons eu hélas l'occasion de constater que cette priorité n'était pas partagée par ceux qui fixent les programmes
scolaires. Sans bruit, nous avons nous aussi combattu la première mouture
sortie des crânes déconnectés du Comité national des programmes, qui plaçait et
place encore largement l'Histoire de France parmi les options. Nous n'avons pas
été rassurés par les propos lénifiants et les fausses promesses qui ont suivi
cet hallucinant débat, en mai et juin.
C'est pourquoi nous
déclarons ici que, parce que l'Histoire
de France et l'Histoire napoléonienne ne seront jamais pour nous une option,
nous allons encore en faire plus, pour élargir notre action, la rendre sensible
et intéressante aux publics plus jeunes, sans rien abandonner pour les autres
générations.n