Plus les Peuples
européens s’exaspèrent des excès européistes, plus Rompuy en remet une couche.
Le
président du Conseil européen, Herman Van Rompuy a exhorté lundi les dirigeants
européens à ne pas perdre "le sens de l'urgence" pour régler la crise
dans la zone euro.
"Je
constate une tendance à oublier le sens de l'urgence" pour régler la crise
de l'euro. "Cela ne doit pas se produire", a affirmé le président de
l'UE dans une vidéo postée sur son compte Twitter.
"Nous
devons travailler sur les questions difficiles" sur l'euro, a-t-il demandé
aux dirigeants européens, notant que la crise a montré que certains
"éléments étaient encore absents des structures" nécessaires pour
consolider la zone euro. Le prochain sommet des chefs d'État et de gouvernement
de l'UE, prévu les 18 et 19 octobre, sera "crucial", a-t-il estimé.
Ce
sommet sera l'occasion de discuter de "plans très concrets" pour
renforcer la gouvernance économique de la zone euro, a-t-il expliqué en notant
que "cela aurait dû être fait il y a longtemps".
"L'Europe
est sur la voie de sortie de crise", a reconnu M. Van Rompuy mais, a-t-il
insisté, "il reste encore du travail à faire".
Certes
"nos efforts commencent à porter leurs fruits" a-t-il dit, mais
"on ne peut pas rester les bras croisés" alors que l'Union européenne
compte toujours 25 millions de chômeurs, a-t-il ajouté.
Les
remarques de M. Van Rompuy interviennent alors que les Européens, notamment Français
et Allemands, ont du mal à accorder leurs violons sur le rythme de la gestion
de la crise. La France est soucieuse d'aller vite sur le dossier bancaire, sur
l'Espagne et sur la Grèce tandis que l'Allemagne ne partage pas le même sentiment
d'urgence.
Le
ministre allemand Wolfgang Schäuble a ainsi mis en doute récemment la capacité
des Européens à se doter, comme espéré, d'un mécanisme de supervision bancaire
dès janvier 2013. Ce qui, a-t-il souligné, retardera la possibilité pour le fonds
de secours de la zone euro de recapitaliser directement les banques en
difficulté, notamment espagnoles, sans alourdir la dette des Etats concernés.
"Perdre
du temps, ne pas aller vite, c'est une faute", a rétorqué son homologue
français Pierre Moscovici. Il a ensuite reconnu discuter avec Berlin "sur
le rythme et l'ampleur de l'approche".
En
coulisses, la différence de vues sur le rythme à imprimer apparaît dans
d'autres dossiers cruciaux.
Sur
l'Espagne d'abord. En public, le président français reconnaît la
"souveraineté" de Madrid pour décider "du principe ou du
moment" d'une éventuelle demande d'aide globale auprès de la zone euro et
de la BCE.
Mais,
en privé, les Français se font plus pressants. "Ce serait mieux que
l'Espagne demande l'aide, chacun sait qu'elle a des besoins", confiait
récemment un haut responsable.
Le
gouvernement allemand n'est pas sur la même ligne et recommande plutôt à Madrid
de poursuivre dans la voie des réformes, dans l'espoir que les marchés finiront
par s'en satisfaire.
Nord
Éclair