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l n’aura fallu que quelques minutes pour mettre en place une
ligne de défense face à une montée sans précédent du vote des électeurs,
désignant sans ambiguïté le Front National comme le premier mouvement politique
de notre pays. Ce plan destiné uniquement à empêcher le FN d’accéder à une ou
plusieurs régions où il se trouvait en tête a, nous dit-on, été directement
orchestré depuis l’Élysée. Même si on peut comprendre l’amertume des perdants
et l’ennui de voir une région gagnée par l’adversaire, cela ne justifie en rien
l’importance des décisions prises. N’en doutons pas, leurs conséquences seront
lourdes.n
L’enjeu paraît dérisoire
face au traumatisme créé auprès des militants socialistes qui ont été
délibérément sacrifiés. Mais en plus, cette retraite décidée en rase-campagne
fait également voler en éclat un clivage, certes maintenu artificiellement,
mais fortement mobilisant, qui séparait notre pays entre la Gauche et la
Droite. C’est plus de deux siècles de
l’Histoire de France qui vont rejoindre les vieilleries de notre grenier
intellectuel.
La
nouvelle ligne de séparation passe désormais entre ce nouveau parti en train de
se composer sous nos yeux et le Front National.
L’origine historique de ce mouvement auquel personne ne consent à donner un
nom, histoire de ne pas reconnaître officiellement son existence pourtant
évidente, remonte dans les faits en 2005. Le 29 mai très exactement, lorsque
nos compatriotes ont répondu majoritairement « non » au référendum
portant sur le projet d’une constitution européenne. Ce projet, véritable acte de naissance d’une fédération européenne,
ayant subi un arrêt brutal, en raison du véto opposé par le Peuple français,
nous a quand même été imposé par ce qu’il conviendrait d’appeler une
forfaiture, sous forme d’un traité européen.
Ce traité signé à Lisbonne, n’a pu être ratifié par le Parlement
Français que parce qu’on avait préalablement « trituré »
notre constitution afin que le Congrès réuni à Versailles puisse se prononcer,
court-circuitant ainsi l’opinion publique restée majoritairement opposée.
Il fallait une majorité des
deux tiers, que le clivage Droite Gauche n’aurait pas permis à priori
d’obtenir. À l’époque, les médias sont restés très discrets sur ce regroupement
entre les députés et sénateurs des différents partis, de gouvernement comme
d’opposition, qui avaient voté cette ratification.
Pourquoi choisit-on
maintenant de tomber ce masque pourtant devenu translucide depuis
longtemps ?... Une seule
réponse : l’élection présidentielle de 2017.
Personne ne sait encore qui
va la gagner, mais on peut sans trop de risques penser que Marine Le Pen sera
candidate. On peut également penser qu’elle sera présente au second tour de
cette élection. Continuons nos investigations ; Il y aura d’une façon
quasi certaine un candidat de ce qu’on appelle (à tort à mon avis) la droite
républicaine et un autre adoubé par les rangs socialistes. On peut penser, sans
trop s’engager, que le premier sera Nicolas Sarkozy et le second François
Hollande. Prenons cette hypothèse de travail. Si Marine Le Pen est présente au
2ème tour, seul un des deux lui sera opposé. Vous avez compris où je veux en
venir. Pour remporter la timbale, il
faut que le survivant puisse compter sur le report des voix de celui qui a
disparu de la joute.
En réalité, ils ne disposent
que de peu de temps pour faire passer cette pilule qui semblera amère à plus
d’un. D’où l’intervention de François Hollande, secondé par son irréprochable
lieutenant Manuel Valls, afin de préparer ce futur rapprochement, beaucoup plus
important à leurs yeux que la désignation de telle ou telle personne à la tête
d’une province quelconque dont ils n’ont pas grand-chose à faire. Car, n’en doutons pas, la seule chose qui
les inquiètent réellement est le résultat de l’élection présidentielle. Et
cela justifie à leurs yeux le sacrifice de quelques soldats restés fidèles et
qui n’ont pourtant pas démérité. Le concept du « FN seul contre tous »
révèle alors toute son étendue, dépassant très largement le cadre de l’exercice
des pouvoirs locaux, par ailleurs très limités.
Alors, il reste cependant la
question principale. Que feront-ils de cette nouvelle formation politique après
l’élection présidentielle ? La réponse est « rien » car
ils n’auront plus besoin d’elle. Et on arrive à cette nouvelle conception de la démocratie qui veut que celle-ci ne
s’exprime que durant les élections, et qu’une fois le mandat reçu, il n’y a
plus à consulter le peuple pour engager le pays dans telle ou telle voie. Il
est probable qu’ils enterreront tout projet visant à établir un scrutin
proportionnel, car les élections législatives qui suivront l’élection
présidentielle seront du même tonneau et que les investitures seront
distribuées en fonction de la « souplesse d’échine » et
du degré d’allégeance, garantissant ainsi une grande quiétude pour le futur
gouvernement.
Un tel attelage ne sera que
peu manœuvrant, aussi, tous les sujets qui pourraient encore diviser seront
soigneusement évités. Faute de pouvoir déterminer une politique, il n’y aura
plus de politique du tout, ce qui sera plus facile. Ainsi, la voie du fédéralisme européen sera grande ouverte et notre
pays se diluera progressivement dans ce vaste espace sans frontières et sans
projets qu’on appelle encore l’Union Européenne, faute de mieux. Ne croyez
pas que je dramatise à dessein car tout semble d’ores et déjà écrit. Mais les
choses ne s’arrêteront pas en si bon chemin. L’étape suivante, ou même
peut-être simultanée, sera la signature du traité euro-atlantique, qui
deviendra une simple formalité, faute d’opposition réelle. Nous arriverons
ensuite au bout du chemin avec la mise en place d’une mondialisation
probablement heureuse pour les banquiers et les financiers internationaux, mais
en tous points néfaste pour les Peuples. Les
pays pauvres continueront ainsi à fabriquer pour le compte des pays riches des
objets que leurs peuples ne pourront jamais acheter jusqu’à ce les pays riches
deviennent pauvres à leur tour, en raison de la disparition de leur classe
moyenne.
Voici quels sont, résumés en
quelques lignes, les véritables enjeux de la période que nous traversons. Les
choix que nous serons amenés à faire dans les mois qui suivent sont
probablement cruciaux. Ne nous laissons
pas guider dans ceux-ci par des gens dont les intérêts sont différents des
nôtres et qui prétendent orienter l’avenir en extirpant des poubelles de
l’histoire des épouvantails éculés afin de tenter de nous détourner de celles
et ceux qui croient encore en l’avenir de notre Nation.n
posté
par Marino