samedi 24 février 2018

« On a les héros qu’on mérite » - par Éric de VERDELHAN

TRIBUNE LIBRE

Quand un régime tombe en pourriture, il devient pourrisseur : sa décomposition perd tout ce qui l'approche » (Charles Maurras).           

À
 la fin de l’année 2017, Johnny Halliday mourrait. La France l’a beaucoup pleuré au cours d’une grande messe républicaine, occultant  le décès de  Jean d’Ormesson, autre « vache sacrée » du système. Jupiter-Micron, le « leader minimo » qui ne rate jamais un prêche pour nous faire la morale, nous a déclaré que Johnny était un héros et qu’il fallait… qu’on l’applaudisse.

B
on, moi je me faisais une autre idée du héros français : Bayard, Jeanne d’Arc, Guynemer, le lieutenant  Péguy, le colonel Driant, la garnison de Diên-Bien-Phu…etc... Tous ces gens qui ont peuplé  les  lectures de mon enfance et qui m’ont appris à rêver : Bournazel et sa gandoura rouge, Lyautey le marocain, Guillaumet « crashé »  dans la Cordillère des Andes, Saint-Ex, Mermoz…

Puis je me suis dit que Micron avait, pour une fois, raison : la France macroniste a les héros qu’elle mérite : Johnny, c’est celui qui faisait déjà danser «Mémé Trogneux» quand elle sortait en «surboum»(1). Mais où, ailleurs que dans la pire des Ripoux-bliques bananières, verrait-on une foule de près d’un million de personnes se masser aux obsèques (quasi nationales) d’un vieux chanteur alcoolique, cocaïnomane et shooté aux  amphétamines lorsqu’il montait sur scène ?

Un personnage qui aura cumulé durant toute sa vie, les coups de gueule, les coups de poings, les accidents de voiture, les procès avec ses maisons de disques, les femmes, les divorces houleux, les fraudes fiscales, les résidences de luxes, les grosses cylindrées  et les exils fiscaux.

Je n’ai rien contre Johnny Halliday (et rien pour non plus). Disons qu’il  évoque, dans mon esprit, le titre d’un film de son ami Claude Lelouch « Itinéraire d’un enfant gâté » car Johnny, c’était d’abord, c’était surtout, ça : un éternel gamin trop riche et trop gâté ! Le symbole d’une époque où le fric est devenu roi : les salaires dans le foot, dans le «Show biz», dans le monde politique, sont là pour nous le rappeler. Notre époque adule le «dieu-fric», surtout quand il est mal gagné !

« L’idole des jeunes », puis des moins jeunes, puis des vieux crabes, s’en est allé rejoindre un monde réputé  meilleur : le clown a fait son dernier tour de piste ; paix à son âme !

Jean-Philippe Smet, alias « Johnny Halliday », a vendu plus de 110 millions de disques à travers  le monde (dont 68 millions en France). Ses 57 années de carrière ont été récompensées par 5 disques de diamant, 40 disques d’or, 22 disques de platine et 10 victoires de la musique. Il a donné plus de 3 000 concerts en France et 253 à l’étranger. Sur scène, 29 millions de spectateurs ont assisté à ses concerts. Voilà pour la performance, ce n’est pas rien!

L’idole des jeunes
Mais, si Johnny  a chanté plus de 1000 chansons, il n’a jamais été capable d’en écrire UNE tout seul. « Jojo », ce n’est pas Brassens ou Brel, pas même Aznavour ou Bécaud, pas même Yves Duteuil, ce poète discret dont la carrière a été stoppée net quand il a osé se déclarer « de droite ».

Ce n’est  pas non plus  «notre» Jean-Pax Mefret qui a trainé durant toute sa vie son lourd passé de défenseur de l’Algérie française…

Le mérite de Johnny (ou plus exactement de son mentor Lee Halliday) est d’avoir mis des paroles françaises sur des tubes anglo-saxons. Je vais  faire hurler si je dis que, la plupart du temps, la version originale  était bien meilleure que la version française (« Black is Black », « House of the rising sun » etc…). Son ami Eddy Mitchell raconte que grâce à Lee Halliday: « Johnny avait beaucoup de disques américains qu'on ne pouvait pas acheter en Europe…si bien qu'on passait souvent des après-midi et des soirées à écouter Presley, Bill Haley et des tas d'autres trucs qui n'étaient pas encore disponibles chez nous ».

Je n’aurais pas écrit cet article, si, entre deux infos sur l’affaire Cahuzac, les galipettes lubriques - vraies ou supposées - de Tariq «Rat-matant», de «Dard malin» ou de l’écolo-bobo-Hulot, les «cohenneries»  journalistiques ou les niaiseries de «Lili Marlène» Schiappa, on ne nous saoulait pas avec l’héritage de Johnny : la méchante Laetitia, les pauvres David et Laura déshérités par leur père. Ces malheureux enfants qui n’ont reçu que quelques millions d’euros…(2)

Jadis on pleurait dans les chaumières, de nos jours on chiale bruyamment dans les palaces.

Nos héros d’antan ont été remplacés par la  pétasse siliconée, le bellâtre bodybuildé et le crétin à bonnet, purs produits de la «téléréalité», cette télé de M…. dans laquelle tout est «bidon» !

À l’ère du «tout image», Johnny aura mieux réussi ses obsèques que Jean-Bedel Bokassa son couronnement(3) : presque 1 million de personnes sur place et 13 millions devant leur poste de télé.

J’ai fait remarquer à un imbécile que les obsèques de Victor Hugo ont déplacé 2 millions de badauds et ce dernier m’a répondu « Faut pas comparer ; et puis y avait pas la télé ! ». Je n’ai pas osé dire à ce triste con que les chansons de Victor Hugo étaient bien moins bonnes que celles de Johnny Halliday : je suis sûr qu’il aurait été d’accord avec moi.

Ça fait longtemps qu’on amuse la galerie avec Johnny. Même le pouvoir gaulliste l’a utilisé.

Souvenez-vous : en 1964, il était incorporé  au 43eme RIMa d'Offenburg. L'armée, trop contente de redorer son image après le drame algérien, profitait du passage sous les drapeaux de «l’idole des  jeunes» pour tourner des petits films de propagande assez niais, ainsi que des émissions de variétés réalisées en direct de la caserne, et, à la condition qu'il pose en tenue militaire sur les pochettes de disques. Pendant son service,  le sergent (par protection) Smet bénéficiait d’une villa hors de la caserne où il pouvait retrouver la belle Sylvie Vartan(4).

Beaucoup plus tard, les gaullistes feront remarquer que « Johnny est resté à l’écart des évènements de mai 1968 » et pour cause: en mai 68, Johnny effectuait sa 3ème tournée en Afrique noire. Le 10 mai 1968, il était en plein démêlés avec la police camerounaise car, après avoir pas mal picolé, il avait collé « son poing sur la gueule » du…ministre de la Fonction Publique de la République Centrafricaine, à l’hôtel « Indépendance » de Yaoundé.

Sylvie VARTAN miraculée
Rappelons-nous aussi le 20 février 1970 : Sylvie Vartan et Johnny se rendent à Belfort pour un gala. Johnny, qui conduit comme un branque,  rate un virage et perd le contrôle de son bolide. Lui n’a presque rien mais Sylvie Vartan est défigurée. Des grands pontes en chirurgie esthétique américains lui rendront un visage. Mais d’opération en opération elle a fini par prendre, sur le tard, la gueule renfrognée et l’air peu avenant de Michel Sardou. Merci qui ? Merci Johnny !

C’est encore notre Johnny national qui déclarait à Daniel Rondeau(5) : « La cocaïne, oui, j'en ai pris longtemps. Maintenant, j'en prends pour travailler, pour relancer la machine, pour tenir le coup. Je ne suis pas le seul. La poudre et le hasch circulent à mort chez les musiciens…Il faut savoir que nos chansons, on ne les sort pas forcément d'une pochette-surprise. » On tente de me convaincre que Johnny plaisait à tous les milieux et toutes les générations ; qu’il était «consensuel». Oui, effectivement, il était les deux : con et sensuel(6).

Lors de ses obsèques, Johnny a attiré 500 motards. Jupiter Micron a fait beaucoup mieux !

Manifestation des motards
à Angoulême
Le samedi 17 février, j’étais à la manifestation de «motards en colère» qui a bloqué la ville d’Angoulême. C’est la première fois, à 68 berges, que j’enfourchais mon bon gros «V-twins» pour aller manifester. Je ne regrette rien, au contraire ! Je suis même prêt à recommencer(7)

Un bon millier de motos, de tous types, de toutes marques, chevauchées par des gens de tous âges venus dire leur «ras-le-bol» devant les mesures gouvernementales iniques et débiles des affidés de Micron: la hausse des carburants, la guerre aux véhicules anciens dans les grandes villes, le nouveau contrôle technique et surtout, la future limitation à 80 Kms/h sur les routes secondaires.

Je ne sais trop pourquoi, au milieu du cortège, je me suis surpris à chantonner en plagiant Gavroche dans « Les Misérables » :

« Si j’suis dans la galère,
Je l’dois à Jupiter.
Si je n’ai plus un rond,
C’est la faute à Macron… »

En pensant au coup d’état macronien, cet «enfumage» de la finance apatride, des loges et des médias, me reviennent en mémoire quelques citations du «Grand Charles» qui n’ont pas pris un jour. On l’aura compris, je ne parle pas, ici, de « Charles-le-dérisoire », «Saigneur» de l’Algérie française et bradeur de notre empire. Cet ancien speaker de la BBC de Londres (d’où il invitait les Français à s’entretuer) aura été le «plus grand commun diviseur » des Français. Il écrivait beaucoup, dans un style emphatique et pompeux, mais rien qui vaille d’être retenu ou cité !

Charles MAURRAS, Royaliste,
Chef de l’Action Française
Je veux parler du grand Charles…Maurras, le père du « Nationalisme intégral », cet immense auteur, historien, poète, polémiste  et idéologue, que la  « bienpensance » actuelle voudrait rayer de notre histoire. Élu à l’Académie française le 9 juin 1938 ; outre Léon Daudet et Jacques Bainville, Maurras compta parmi ses soutiens des intellectuels comme Georges Bernanos, Jacques Maritain, Thierry Maulnier, Philippe Ariès, Raoul Girardet et toute la droite littéraire de l'après-guerre (Roger Nimier, Jacques Laurent, Michel Déon, Antoine Blondin).  Avec plus de dix mille articles publiés entre 1886 et 1952, il fut « le journaliste politique et littéraire le plus prolifique de son siècle ».

Tout en s'opposant à l'Allemagne, Maurras soutint le régime de Vichy, ce qui lui valut d'être condamné pour «intelligence avec l'ennemi» à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale, le 28 janvier 1945. Condamner pour «intelligence avec l'ennemi» quelqu’un qui, toute sa vie, aura été antiallemand, il fallait oser ! Déjà en 1934, après la «nuit des longs couteaux», il dénonçait  l’«abattoir hitlérien» et annonçait  le pacte germano-soviétique : « Je le répète : il n’y a pas de plus grand danger que l’hitlérisme et le soviétisme. À égalité ! Et ces égaux-là sont faits pour s’entendre. La carte le confirme. L’avenir le vérifiera !... »

Charles Maurras a écrit une centaine de livres. Je dois avouer, humblement, n’en avoir lu que 5 ou 6, dont «Enquête sur la monarchie»  et « Mes idées politiques » (8), deux ouvrages majeurs. De nos jours, tous les plumitifs de gauche parlent de Maurras, sans jamais l’avoir lu ! Jupiter Micron veut plaire à la gauche «et en même temps» à la droite.

►Maurras disait : « La neutralité est un mensonge. Il n'y a point d'État, sans doctrine d'État. ». Il disait aussi : « L'égalité ne peut régner qu'en nivelant les libertés, inégales de leur nature ». Et c’est encore lui, visionnaire, qui déclarait : «Tout désespoir en politique est une sottise absolue ». Alors, gardons l’espoir !  Pour être franc, je préfère ça à : « Macron, t’es foutu : les motards sont dans la rue ! »…quoique…■

Éric de VERDELHAN

NOTES
(1)       : Et oui, jadis on ne parlait pas de «teuf» mais de «surboum» ou de «boum».
(2)       : David n’aurait reçu « que » 10 millions d’euros environ, et Laura, deux appartements à Paris et 5000€/mois  pendant 20 ans. Dans un pays dans lequel le salaire moyen est de 1700 €, ça laisse un peu rêveur ! Il y a, chez nous, des gens plus à plaindre : les retraités par exemple.
(3)       : L’un et l’autre étant partiellement payés par NOS impôts.
(4)       : C’est quand même mieux qu’une chambrée de 30 gaillards qui puent des pieds, non ?
(5)       : Dans « Le Monde » du 7 janvier 1998.
(6)       : Sensuel = porté vers les plaisirs des sens. Tout est dit !
(7)       : Cette manifestation (1000 motos) aurait pu être bon enfant sans les sirènes qui équipent certaines bécanes, les excités qui font hurler leur moteur à chaque halte et l’emploi de fumigènes qu’on respire allégrement, mais après tout, le but était aussi de faire du bruit.
(8)       : « Enquête sur la monarchie » livre publié en 1900, «Mes idées politiques», publié en 1937.



La décadence

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