vendredi 9 février 2018

Le Gouvernement de Vichy était-il «légitime» ? par Éric de VERDELHAN

HISTOIRE

M
a grogne d’aujourd’hui concerne les inepties et les mensonges que l’on peut entendre au sujet du régime de Vichy : assez régulièrement, des journalistes, des «historiens», des hommes politiques - de droite comme de gauche - viennent dénoncer « les heures les plus sombres de notre histoire » en affirmant péremptoirement que « L’État Français » n’a jamais existé puisqu’il n’avait, d’après eux, « aucune existence légale ». Qu’il est facile de « tirer sur une ambulance » et davantage encore, sur un corbillard !

A
lors tentons de rester factuel, sans passion partisane: on voudrait nous faire croire que l’« État français » était illégitime donc illégal. Cet énorme « bobard » permet de tirer un trait sur quatre années de notre histoire, de l’armistice de juin 1940 à la Libération.
Pétain et Laval auraient, nous dit-on, effectué une sorte de coup d’État pour s’emparer du pouvoir. Or les parlementaires français ont accordé les pleins pouvoirs au Maréchal Philippe Pétain par 569 voix pour et 80 contre, soit, en gros, 85% des suffrages exprimés.

Pour être précis, le vote se décompose comme suit :
Votants...................................................666
Majorité absolue ....................................333
Pour .......................................................569
Contre ......................................................80
Abstentions ..............................................17

Seuls 27 parlementaires quittèrent
la France à bord du Massilia
Rappelons aussi que ce vote a eu lieu le 10 juillet 1940. Comment ose-t-on écrire que la France et ses représentants légaux ne pardonnaient pas au Maréchal Pétain d'avoir demandé les conditions d'un armistice le 17  juin ? On nous raconte,  et ce depuis la Libération, que « tous les parlementaires n’étaient pas présents », qu’une partie du gouvernement, des députés, des sénateurs, avaient embarqué sur le « Massilia » au départ de Bordeaux, vers l’Afrique du Nord. Or le « Massilia » a appareillé de 21 juin 1940, soit quatre jours après la constitution du premier gouvernement du Maréchal Pétain. À son bord, 27 parlementaires français, pas un de plus. Si ces 27 avaient voté contre les pleins pouvoirs, ça n’aurait RIEN changé au résultat final.

Le « Gouvernement de Vichy » a été institué par la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940.
Cette loi invitait le gouvernement du Maréchal à promulguer « une nouvelle Constitution de l’État français ». Rappelons, au passage, ce qu’est une Constitution : « C’est la volonté d’un peuple de s’ériger en Nation. »

Cette nouvelle Constitution devait garantir « les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie ». On notera que la formule « État français », comme la devise « Travail, Famille, Patrie » furent utilisés - donc légalisés - par l’Assemblée Nationale dont plus de la moitié des membres étaient de gauche (SFIO, Radicaux socialistes…).

Albert LEBRUN
Certes, le régime qui s'installait rompait avec la tradition républicaine, mais cela est dû au refus du président Lebrun de démissionner, malgré les supplications de Pierre-Etienne Flandin qui souhaitait que le  président de la République se retire au profit du Maréchal Pétain. Ce dernier aurait alors dû appliquer à la lettre les textes constitutionnels de 1875 : la Constitution de 1875 donnait au chef de l’État la plénitude totale du pouvoir exécutif (puisqu’elle ignorait le président du Conseil).

De surcroît, l’article 1er de la loi constitutionnelle du 16 juillet 1875 précise que les sessions parlementaires doivent durer au moins cinq mois par an. Dès lors le gouvernement aurait pu se dispenser de réunir le parlement jusqu’en janvier 1941, puis clore la session jusqu’au 1er août. Dans l’esprit de  Pierre-Etienne Flandin, ça ouvrait toutes les possibilités. L’obstination d’Albert Lebrun, conduisait forcément (et légalement) à la mise en place d’un nouveau régime.

Charles MAURRAS : royaliste, chef d’Action Française
De plus, la doctrine sociopolitique que véhiculait le nouveau gouvernement est la résultante de réflexions de milieux intellectuels très divers. On a surestimé, après-guerre, le rôle et l’influence des maurrassiens. Mais, dans une large mesure, la « Révolution Nationale » diverge, et même parfois s’oppose aux conceptions maurrassiennes. Bien plus important est l’impact de ceux qu’on a appelés les « non-conformistes des années 30 », les gens de la revue « Esprit » (Emmanuel Mounier, Georges Izard, Daniel Rops) ou d’« Ordre nouveau » (Robert Aron) ou encore les disciples de Tardieu : les uns et les autres, très critiques à l’égard du parlementarisme, voulaient une réforme rendant sa primauté à l’exécutif, souhaitant la création d’un état corporatif.  C’était également le point de vue d’économistes éminents : Gaëtan Pirou ou François Perroux. Et l’avis des milieux catholiques depuis Albert de Mun et La Tour du Pin.

Le Maréchal Pétain est donc arrivé au pouvoir le plus légalement du monde !

Et le pays tout entier, ébranlé par la mémorable «raclée» de juin 1940 - des civils sur les routes de l’exode, une armée en miettes, 1.8 million de prisonniers -  fut bien heureux que le «vainqueur de Verdun», vieux Maréchal de 83 ans, fasse «don de sa personne à la France» pour atténuer ses malheurs.

Ensuite, dans un pays qui comptait alors 42 millions d’habitants, il y eut, selon l’historien Henri Amouroux, «40 millions de pétainistes» et ce, jusqu’au débarquement du 6 juin 1944.
Les mêmes se réveillèrent gaullistes après le débarquement  et le vieux Maréchal devint le bouc émissaire, le responsable des «heures les plus sombres» et du malheur des Français.
De Gaulle n'avait pourtant rien d'un grand homme mais c'était un remarquable illusionniste, or le Français a besoin d'illusions: c'est sous De Gaulle que la France connut la Libération et mai 1968.

Deux psychodrames épisodiques grâce auxquels les Français retrouvent une conscience et la France, un pucelage.  La pantalonnade de mai 68 a permis de passer de « la Carmagnole » à « la Marseillaise »  sans passer par la révolution. Quant à juin 1944, ce fut, pour une majorité de nos concitoyens, ce qui a permis de sauter du passé à l'avenir sans avoir besoin du présent ou mieux, de passer de la défaite à la victoire sans passer par la guerre.

►Finalement, De Gaulle aura été - à trois reprises si l’on rajoute le drame algérien - la bonne conscience des lâches.■



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